La Côte d’Ivoire est une économie à revenu intermédiaire de la tranche inférieure où il prévaut un déficit entre les zones urbaines/rurales qui se creuse ; cette situation entrave la réalisation de la prospérité partagée et de l’élimination de la pauvreté.

Les revenus instables et la faible productivité de l’économie rurale, en particulier pour l’agriculture, entravent la réduction de la pauvreté. Le secteur agricole, important catalyseur de l’économie de la Côte d’Ivoire, représente 22% du PIB et plus de 75% des exportations. Trois sur quatre adultes travaillant et vivant en zone rurale sont employés par le secteur agricole.

En dépit de son importance critique pour l’économie, le secteur n’a eu qu’une influence modeste sur la hausse des revenus et la réduction de la pauvreté en milieu rural. Le secteur agricole et plus particulièrement les produits primaires sont fortement sensibles aux fluctuations des cours sur le marché international, ce qui a en retour, une incidence négative et volatile sur les revenus des ménages ruraux.

Le Gouvernement ivoirien, depuis la fin de la crise post-électorale en 2011, a pris le pari de faire de la Côte d'Ivoire, un pays émergent d'ici à l'horizon 2020. C'est pourquoi, les politiques mises en place en faveur de la relance économique sont axées sur la modernisation de tous les secteurs d'activités. L'une des ambitions du Gouvernement est de rendre efficiente la mise en œuvre de la réforme du secteur agricole par le moyen des Technologies de l'Information et de la Communication qui constituent un facteur de développement économique, de bonne gouvernance, de compétitivité, de création d'emplois, de diffusion du savoir et d'amélioration de la fourniture de services divers. Ils ont donc un impact considérable sur tous les secteurs d'activités et constituent l’un des plus importants domaines de création de valeur pour l’économie ivoirienne.

A cet effet, la Côte d’Ivoire a obtenu un prêt d’environ 37 milliards de FCFA de l’IDA pour le financement du Projet de Solutions Numériques pour le Désenclavement des zones rurales et l’e-Agriculture (PSNDEA).

L'enjeu est de faire en sorte que l'agriculture ivoirienne soit :

  • Performante et compétitive en coût de production et en qualité pour répondre aux exigences du marché national, sous régional et international ;

  • Rentable pour les producteurs et capable de leur procurer des revenus substantiels et durables ;

  • Mécanisée avec une bonne maîtrise de l'eau ;

  • Organisée en filières maîtrisant l'ensemble de la chaîne des valeurs.

LES OBJECTIFS DU PROJET

L’Objectif principal du Projet est d’accroitre l’accès aux services numériques dans les zones rurales et l’usage des plateformes numériques pour améliorer la productivité agricole et l’accès aux marchés.

Spécifiquement, il s’agira de :

  • « Améliorer la productivité dans les chaînes de valeur agricoles/agro-industrielles ». Les conditions météorologiques imprévisibles, les informations peu fiables sur les prix et les mauvaises récoltes dues à la sécheresse et aux maladies sont quelques-uns des problèmes que les services numériques permettront de résoudre en Côte d’Ivoire. Le projet soutiendra directement l’objectif d’amélioration de la productivité en promouvant des solutions numériques qui : a) fourniront aux petits agriculteurs des conseils opportuns sur tous les aspects de la chaîne de valeur de l’agriculture, ce qui permettra d’utiliser efficacement l’eau, les engrais, les pesticides, la fertilité du sol, de respecter le calendrier des récoltes et d’assurer la commercialisation des produits ; et b) permettront aux institutions publiques de collecter et de compiler des statistiques agricoles et rurales pour des politiques et stratégies sectorielles plus efficaces.

  • « Renforcer les infrastructures économiques ». En élargissant la connectivité des TIC dans les zones rurales, le projet améliorera directement les infrastructures numériques et fournira des solutions aux problèmes liés aux services logistiques inadéquats. Il aura une incidence positive sur l’agriculture et l’économie rurales en facilitant l’accès aux marchés de consommation à des coûts compétitifs. Le projet permettra de renforcer la résilience aux impacts du changement climatique, en améliorant par exemple l’accès des agriculteurs aux informations en temps opportun sur la variabilité climatique et la sécheresse, permettant ainsi aux agriculteurs d’adapter leurs pratiques agricoles. Le projet fournira également une connectivité pour permettre la surveillance en temps réel des systèmes d’adduction d’eau par les services publics et les communautés vulnérables aux impacts du changement climatique.

  • « Améliorer le cadre réglementaire des affaires et l’accès au financement. » Cet objectif sera soutenu à travers la connectivité des TIC et la facilitation de la numérisation des transactions économiques. La diffusion des TIC permettra de soutenir à la fois : a) l’augmentation de l’utilisation des services bancaires mobiles ; et b) la promotion de la croissance du secteur privé avec la possibilité pour les petits exploitants d’obtenir un crédit auprès des banques traditionnelles grâce à une feuille de route par laquelle leur performance financière peut être évaluée.

  • « Formaliser et améliorer l’accès réglementaire aux terres pour les affaires et l’agriculture. » Cet objectif sera également soutenu grâce au développement de plateformes TIC fournissant des outils fiables et bon marché permettant d’enregistrer les terres et de délivrer des certificats fonciers. L’amélioration du processus d’immatriculation des terres est fondamentale pour améliorer la sécurité foncière et soutenir des transactions foncières éclairées à la fois pour les petits exploitants et les investisseurs privés, et cette amélioration est une condition préalable à la croissance partagée.

LES RESULTATS ATTENDUS

La population locale, en particulier les femmes et les petits exploitants agricoles, bénéficie d’une augmentation de la couverture des services TIC et de l’augmentation de l’utilisation des TIC (accès vocal, SMS et Internet) ;

Du fait de l’utilisation accrue de solutions numériques, les petits exploitants agricoles dans les zones ciblées enregistrent une hausse : i) des rendements des cultures sélectionnées (volume de production par hectare ou par petit exploitant) ; ii) du volume des ventes des cultures sélectionnées ; et de la réduction des pertes post récolte pour les organisations de producteurs sélectionnées et soutenues par le projet.

Des solutions numériques pour le développement rural sont accessibles, avec des plateformes électroniques opérationnelles et utilisées par : i) les utilisateurs finaux tels que les petits exploitants ; et ii) les services administratifs publics et de gestion sociale chargés du suivi et d’orientation des politiques de développement rural + le nombre de km de routes d’accès rurales réhabilitées ou entretenues.